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Point  Ecoute


 


JOURNEE DE LA PREVENTION DU SUICIDE, MONTPELLIER 2003

Kate LE MESTRE

POINT ECOUTE PARENTS-ADOLESCENTS

Les indicateurs de souffrance psychologique des adolescents en France (les taux de tentatives de suicide, les accidents de la route, les consommations de substances psychoactives, l'échec scolaire, les actes de délinquance...) ont atteint un niveau important (Rapport du Haut Comité de Santé Publique, février 2000). Les manifestations du mal-être des jeunes se multiplient et inquiètent les adultes (travailleurs sociaux, enseignants, animateurs) ainsi que les pouvoirs publics. Les parents d'adolescents se sentent en même temps démunis face aux comportements difficiles de leurs enfants adolescents, surtout quand ils rencontrent eux-mêmes des difficultés psychologiques, économiques et sociales.

Le Point Ecoute Parents-Adolescents de Montpellier représente une réponse à ces manifestations de souffrance. Financé par le Ministère des Affaires Sociales dans le cadre des Points d'accueil et d'écoute pour jeunes et leurs parents (PAEJ), ce lieu généraliste s'adresse à toutes les manifestations du processus d'adolescence dans le but de prévenir les conduites à risque et de permettre une résolution des situations çonflictuelles-

En amont ou en aval des crises et des passages à l'acte, en partenariat avec des services médico-sociaux des institutions scolaires, du Conseil Général et de la justice, le Point Ecoute tente de contribuer au mieux-être des adolescents et de leurs familles.

Les enquêtes auprès des collégiens et des lycéens témoignent de l'importance pour les adolescents de trouver un adulte à qui parler quand ils ont besoin. La massification scolaire et la difficulté aux institutions de s'adapter aux élèves d'aujourd'hui complexifïent les relations entre enseignants et élèves adolescents (François DUBET, 2002).

L'adolescence est une période de transitions entre l'enfance et l'âge adulte qui aujourd'hui commence tôt et termine tard. Si les débuts de l'adolescence sont précoces chez certains enfants, la sortie de l'adolescence est souvent prolongée à cause de la durée des études et l'absence du travail pour les jeunes sans formation et sans expérience.

La dépendance financière et affective aux parents nécessite pour les parents d'adolescents des réflexions sur la cohabitation avec les: enfants devenus adolescents et ensuite jeunes adultes.

Les transformations qui marquent la période d'adolescence se font senties d'abord par les changements physiques suite à la puberté qui induisent les changements psychiques (cognitifs, relationnels, affectifs....). La labilité des affects, les sauts d'humeur et le développement souvent irrégulier et imprévisible entraînent des moments de maturation suivis par des périodes de régression. Ces changements souvent brutaux peuvent créer des difficultés pour les adultes qui les entourent. Les parents d'adolescents, les enseignants et d'autres personnels éducatifs attendent souvent des attitudes plus posées de la part des adolescents et peuvent aggraver leurs relations par leurs propres réactions.

Pendant la période d'adolescence les expériences vécues (ruptures, séparations, échecs, déceptions) pendant l'enfance refont surface, ce qui peut rendre vulnérables des adolescents et ainsi contribuer au mal-être (Boris CYRULNIK,

.2003):                                                                              

Toutes ces transformations psychiques impliquent des changements inévitables dans les relations avec les parents et un investissement plus important dans les relations avec les pairs.   

L'adolescence est aussi une période de transgressions, quand l'adolescent se construit en relation avec la loi. Pour la plupart des adolescents, ce conflit la loi se limite aux affrontements dans le cadre d'abord familial et ensuite scolaire (le choix vestimentaire, les heures de sorties, les fréquentations, les règlements institutionnels). Mais quand la famille ne peut plus faire face, l'adolescent se confronte aux lois de la société plus large, ce qui peut amener à la délinquance.

Le paradoxe pour les adolescents, ce qui rend difficiles leurs relations avec les adultes, est leur besoin de relations affectives et protectrices avec des adultes qui en même temps menacent leur autonomie naissante. L'envie de trouver son autonomie et là peur de la séparation sont les enjeux importants tout au long de la période d'adolescence (Philippe JEAMMET, 2000).    .

Les conduites d'opposition et les troubles de comportement représentent diverses manières de gérer cette position paradoxale. Des réactions plutôt masculines se montrent par une extériorisation de leur souffrance ; des nuisances, des injures, des violences, des excès de vitesse, des consommations d'alcool ou d'autres psychotropes. Des réactions plutôt féminines sont celles qui intériorisent le mal-être ; ïe replie sur soi, la déprime, les problèmes de conduite alimentaire, la somatisation. Dans les deux cas, le recours aux substances psychoactives (alcool, médicaments, cannabis) est souvent une tentative d'automédication pour réduire les angoisses et les colères.

Cette construction identitaire nécessite la confrontation avec des questions fondamentales sur son existence, sur la vie et la mort, ainsi que sur ses relations avec les autres, Ce remaniement psychique ne se fait pas sans douleur. Selon les sondages (Marie CHOQUET et Sylvie LEDOUX, 1994) un jeune sur cinq montre des signes dépressifs (plus de filles que de garçons), presqu'un quart des adolescents prennent des médicaments psychotropes et autant ont des idées suicidaires. Parmi les jeunes ayants fait une tentative de suicide, presque la moitié souffrent d'une absence de relation avec les parents et le tiers d'un excès d'intérêt de leurs parents (Xavier POMMERAU, 1996). Les blocages scolaires sont souvent un des premiers signes du mal-être des adolescents à une période de leur vie quand les attentes au niveau de leurs compétences; intellectuelles sont au maximum.

Le développement du numéro vert le Fil Santé Jeunes (depuis 1995} et des Points Ecoutes (depuis 1996) constituent le début d'une réponse à ces manifestations de mal-être. Ces structures ont été rapidement investies par les adolescents ainsi que par les parents d'adolescents, souvent perplexes et inquiètes face aux comportements de leurs enfants et en demande d'aide dans la gestion des relations familiales,

BIBLIOGRAPHIE

CHOQUET Marie et LEDOUX Sylvie (1994) Adolescents, enquête nationale, Paris;INSERM.

CYRULNIK Boris (2003) Le murmure des fantômes. Paris. Odile Jacob.
DUBET François (2002) Le déclin de l'institution. Paris . Le Seuil.
JEAMMET Philippe (2000) Adolescences. Paris . Syros.
POMMEREAU Xavier (1996) L'adolescent suicidaire. Paris  Dunod

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