Journées Nationales de prévention du suicide Montpellier, Jeudi 6 février 2003 - Home Page

INTERVENTION JONATHAN PIERRES VIVANTES MUSIQUE DE JONATHAN LIVING STONE LE GOELAND INTERROMPUE...

L'enfant interrompu, quel qu'en soit la cause, est une musique qui se tait brusquement, un vide

insupportable et irrémédiable - Attention Fragile -

Placés au bord de la vie comme au bord du vide..., Nos enfants qui ne sont pas nos enfants sont

l'envie de la vie à elle-même, d'après Kalil Gilbran dans le-Prophète,-nous en laissent l'héritage.

L'Administration Fiscale nous le confirme sans appel, nous sommes héritiers du fils.

Et cet héritage, pour ne pas le trahir, c'est d'avoir envie de vivre, de donner envie de vivre, l'Antidote

du suicide.

L'Association J.P.V. regroupe des parents endeuillés par la mort d'un enfant, quelque soit son âge ou

les circonstances de son décès. ici par contre nous représentons les parents dont le fils ou la fille s'est

suicidé.

Toutes nos familles ont connu ce drame et quel drame ! Nous leur avons donné la vie, ils se sont

donné la mort pour arrêter leurs souffrances. Nous en avons été des témoins impuissants.

Nous sommes engagés dans la prévention pour que le nombre de familles touchées par ce fléau

diminue car nous en avons expérimentés les signes d'alerte, les conséquences et le prix à payer.

Nous avons coutume de dire à Jonathan que les professionnels « connaissent » car ils ont la science

mais que nous « savons » car nous avons en quelque sorte l'experience et une motivation forte pour

que cela cesse. C'est cette complémentarité dans le combat pour la prévention du suicide qu'a

compris le premier le Professeur Michel DEBOUT en nous donnant cet espace de parole au sein de

l'UNPS.

Que faisons-nous dans nos lieux d'accueil. ?

Après un certain laps de temps, passé le premier choc, les parents se retrouvent souvent isolés et

toujours en grande détresse. Nous sommes là pour eux car il faut continuer à vivre et non à survivre.

Grâce à l'écoute mais aussi aux témoignages de couples ayant vécu ce drame, nous voulons

redonner aux parents endeuillés le goût de la vie. Ils le transmettrons ensuite à toute la famille. C'est

cela pour nous faire de la prévention dans la postvention (postvention puisque nous intervenons après

le suicide).

il faut réapprendre à vivre amputés de la partie la plus précieuse, la plus vivante de notre être.

Certains parents s'effondrent, rentrent en dépression, pensent même au suicide, d'autres continuent à

vivre comme des morts vivants, absents à eux-mêmes comme aux autres. Enfermés avec l'enfant qui

n'est plus et qu'ils essaient en vain de retrouver. Négligeant ceux qui ont encore et plus que jamais

besoin d'eux.

COUPABLES DE MORT   - COUPABLES DE VIE Nous voulons être ce lieu de passage de la mort à la vie. Comment puis-je ici et maintenant vivre avec cet amour sans sujet ? Où trouver cette tonalité de vie qui était la sienne, ce bonheur d'être ensemble ? Comment continuer à vivre sans oublier, sans trahir sa mémoire ?

Comment désormais intégrer cet enfant à ma vie pour qu'il me rende plus humain, plus vivant, que sa vie, que son acte final prennent sens pour moi, pour les autres ? C'est le mystère de l'ouverture :

ouverture à soi-même d'abord : dire sa souffrance permet de la mettre à distance.

ouverture aux autres : c'est une confiance, une empathie qui se vit là.

ouverture aussi en forme d'oblation pour cet enfant dont j'apprends à accepter le destin si

inadmissible qu'il puisse me paraître et avec lequel je continue à vivre, à aimer autrement,

intérieurement.

CHEMIN DE DEUIL - CHEMIN DE VIE

Cette musique interrompue, c'est vrai je ne l'entendrai jamais plus. Pourtant, peu à peu, d'autres accords me parviennent comme en écho et ces musiques de la vie qui revient pénètrent plus loin, plus profond, m'apportant apaisement, douceur, tendresse et comme une envie de revivre.

« Heureux, nous dit André COMTE SPONVILLE, ceux qui n'ont pas perdu....................... l'un de ceux qu'ils

aimaient plus que tout. Mais plus heureux, peut-être, en tout cas plus forts, ceux qui ont traversé l'horreur sans s'y perdre tout à fait, ceux qui ont retrouvé en eux, intacte ou augmentée cette puissance de vivre et d'aimer sans laquelle rien n'a d'importance, ni de goût, ni d'intérêt. ».